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Faits saillants historiques

Note : Le texte qui suit n'a pas la prétention de couvrir l'histoire de la MRC et de sa région de façon exhaustive et détaillée. Ce n'est d'ailleurs pas son but. Celui-ci ne propose qu'au plus, un survol et un historique sommaires des grands axes de développement qui ont caractérisé l'histoire collective régionale.

Charles de la Boische de BeauharnaisL'origine du territoire de la MRC et de ses environs débute le 12 avril 1729, alors que le roi Louis XV concède une seigneurie de 6 x 6 lieues à Charles de la Boische de Beauharnais, chevalier, marquis de Beauharnais, gouverneur général de la Nouvelle-France et à son frère Claude de Beauharnais de Beaumont, capitaine de vaisseau.

La seigneurie demeurera la propriété de la famille de Beauharnais jusqu’au traité de Paris de 1763 qui confirme la cession du Canada à l'Angleterre. La seigneurie est alors vendue à Michel Chartier, chevalier et seigneur de Lotbinière. Celui-ci la conservera jusqu’en 1795, moment où il décide de la vendre à Alexander Ellice, un négociant d'origine écossaise faisant fortune dans la traite des fourrures et l'acquisition de propriétés foncières au Canada et aux États-Unis.

Suite au décès d'Alexander en 1805, la seigneurie connaît une période d'incertitude, voire d'inertie, jusqu’au moment où l'un de ses fils, Edward, complète vers 1825 l'acquisition des parts de ses frères pour devenir le seul seigneur de Beauharnois. Celui-ci conservera finalement la propriété jusqu'à sa mort en 1863.

En date du 28 juin 1866, il est stipulé que les rentes de la seigneurie de Beauharnois soient cédées à la Montreal Investment Trust. En 1941, le gouvernement du Québec procède enfin au rachat des rentes seigneuriales.

Développement démographique

La population du territoire seigneurial, qui couvre à l'époque une superficie allant bien au-delà des limites actuelles de la MRC, connaît une forte croissance. Ainsi, la démographie passera de 300 habitants en 1784, à 16 850 en 1831 et à environ 25 000 en 1852.

C'est d'ailleurs au début du XIXe siècle que se développent en bordure du fleuve Saint-Laurent, de même qu'au pourtour des lacs Saint-Louis et Saint-François, les principales localités que sont alors la paroisse St-Clément (Beauharnois) et l'agglomération de Pointe-du-Lac (Salaberry-de-Valleyfield).

Des canaux au cœur du développement économique

La proximité du fleuve comme principale voie de navigation et de communication et l'abondance des ressources hydrauliques et de leurs capacités énergétiques ne tardent pas à susciter le développement et à contribuer à l'arrivée de multiples entreprises.

Le creusage du premier canal de Beauharnois (1842-1845) sur la rive sud du Saint-Laurent donnera toutefois le véritable coup d'envoi au développement du territoire. Dès lors s'implantent graduellement diverses entreprises liées à l'hydro-motricité, à la fabrication du papier et du textile, au commerce du bois ainsi qu'à la mouture du grain.

Ancienne usine KilgourGrâce à sa proximité avec Montréal, Beauharnois prend graduellement du gallon et ne tarde pas à s'affirmer comme chef-lieu de la région, une reconnaissance affirmée en 1858 par l'implantation d'un Palais de Justice faisant suite à la création l'année auparavant du nouveau district judiciaire de Beauharnois. Dans les années subséquentes, la ville connaît une forte expansion industrielle, dont l’implantation de l’usine J.W. Kilgour & Bros. Ltd, une importante fabrique de meubles qui emploiera à son paroxysme environ 400 employés. Le siège social de la MRC occupe d’ailleurs aujourd’hui la résidence d’origine de son propriétaire, M. John Wilson Kilgour.         

Pour sa part, la Ville de Salaberry-de-Valleyfield voit l’arrivée de la Montreal Cotton, une importante industrie textile qui embauchera à son paroxysme plus de 2 000 travailleurs. Parallèlement à cette expansion industrielle se développe le réseau ferroviaire dont les activités viendront appuyer cette effervescence économique régionale.

Usine Montreal CottonMoulin à scie et usine de fabrication de papierAncienne Gare du Grand Tronc

 

 

 

 

 

 

Face à ce dynamisme industriel, le canal de Beauharnois ne suffit plus à la tâche et l'on doit rapidement lui substituer un canal de plus grande envergure et de capacité plus imposante, soit le canal de Soulanges qui sera mis en service à compter de 1899 sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Pour sa part, le Vieux canal de Beauharnois rend définitivement l'âme en 1907.

Canal de SoulangesEn l'espace de quelques décennies, le canal de Soulanges est à son tour voué à l'obsolescence face aux exigences de l'industrialisation et des échanges économiques du XXe siècle. Il cessera définitivement ses activités en 1959 avec l'ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent.

Dès 1929, on s'affaire en revanche à construire artificiellement l'actuel canal de Beauharnois entre les lacs Saint-François (Salaberry-de-Valleyfield) et Saint-Louis (Beauharnois), un ouvrage gigantesque d’un kilomètre de largeur et qui s’étend sur 24 km de long au cœur des terres agricoles.

La centrale de Beauharnois en constructionLa construction du canal s'étend de 1929 à 1932 et permet en un premier temps, grâce au détournement de 80% du débit des eaux du fleuve et à la rupture de pente de 24 mètres entre les deux lacs, d'alimenter la centrale hydroélectrique « Beauharnois », l'une des plus puissantes centrales au fil de l'eau au monde, alors propriété de la Beauharnois Light, Heat & Power, depuis intégrée au vaste réseau de Hydro-Québec.

Voie maritime et activités portuaires

Depuis 1959, le canal de Beauharnois fait de plus partie intégrante de la Voie maritime du Saint-Laurent et permet en moyenne annuellement à quelque 2 000 navires commerciaux de pouvoir remonter ou descendre le fleuve, leur permettant ainsi de transiter jusqu'au cœur du continent et aux Grands Lacs. De sorte à mieux capitaliser sur cette infrastructure, la Ville de Salaberry-de-Valleyfield se dotera d'ailleurs de facilités portuaires dans les années 1960, un complexe reconnu depuis comme seul port municipal au Canada.

Une industrialisation fondée sur le secteur de la transformation

Le secteur de Valleyfield et Beauharnois, avec le canal servant de voie fluviale et offrant une surabondance d'énergie hydraulique, jumelé à la proximité de Montréal et à la main-d'œuvre expérimentée de la région, connaîtra en effet dans la seconde moitié du XXe siècle un important essor industriel, particulièrement dans le secteur secondaire et de la transformation.

Une activité agricole toujours fort importante

Même si l'essor industriel a grandement marqué le territoire, l’activité agricole demeure fort importante, alors qu’elle représente toujours aujourd’hui une part plus qu'appréciable de notre activité économique. Si le nombre d’agriculteurs a grandement diminué, l’importance des exploitations s’est cependant accrue de façon phénoménale, transformant l’exploitant agricole en un véritable homme d’affaires.

Une jeune institution et un territoire en constante évolution

Au plan historique, les MRC au Québec représentent de jeunes institutions municipales, la MRC de Beauharnois-Salaberry ayant été précisément créée le premier janvier 1982. Aujourd’hui, la démographie du territoire de la MRC s'établit à un peu plus de 60 000 personnes réparties en sept municipalités, dont les villes de Salaberry-de-Valleyfield et de Beauharnois représentent ses pôles commerciaux et industriels. Les cinq autres municipalités sont à prédominance rurale et sont constituées des agglomérations de Saint-Étienne-de-Beauharnois, Saint-Louis-de-Gonzague, Saint-Stanislas-de-Kostka, Saint-Urbain-Premier et Sainte-Martine.     

Au côté de ses partenaires de développement et dans la foulée de la liaison de son territoire à l’autoroute 30, la MRC entend faire sa part, afin de permettre à sa collectivité de s'affirmer et de rayonner et faire en sorte qu’elle s’inscrive brillamment dans le cours de l’histoire régionale.

Guy Longtin
Coordonnateur aux communications
MRC de Beauharnois-Salaberry

Sources:
  • Centre de recherche et d'archives du Haut-Saint-Laurent « Aux Origines » - Fonds Donald Tremblay
  • Filion Mario, Fortin Jean-Charles, Viau Roland et Lambert Pierre, « Histoire du Haut Saint-Laurent », Collection « Les 12 régions du Québec », Institut québécois de recherche sur la culture, Les Presses de l'Université Laval, 2000, 441 pages.
  • Gravel Denis, « Histoire de Saint-Louis-de-Gonzague », Société de recherche historique Archiv-Histo inc., 1996, 336 pages.
  • Julien Yvon, « Beauharnois », Deuxième édition revue et augmentée, 1985, 427 pages.
  • Comité histoire et patrimoine, « Reflets campivallensiens - Guide patrimonial », 2e tirage revu et adapté, 2000, 152 pages.
  • Iconographie : Centre de recherche et d'archives du Haut-Saint-Laurent « Aux Origines » - Collections : Pierre-Paul Clairmont, Écomusée des Deux-Rives, Hydro-Québec, Roger Quenneville et Donald Tremblay